Première journée à Moscou aujourd'hui, je me suis tapé avec des mecs putain, déjà le matin je me lève et je sors prendre mon petit déj en calebut' dans le mini-resto de l'hôtel, je commence à m'installer, je prends une coupole pour me mettre du yaourt à la fraise et là y'a une gonzesse qui est venue me dire que j'avais pas le droit d'être en sous-vêtement dans le resto, déjà ça m'a mis de mauvaise humeur dès le matin, je prends pas mon petit déj habillé, les choses doivent se faire dans l'ordre, il faut le temps que je me réveille, bref je lui dis fuck off dans mon plus bel anglais à défaut de pouvoir lui dire ZATKNIS !! parce que je parle pas russe. Elle dit plus rien et elle fait demi-tour, alors ok je lui fais un doigt et je vais manger mon yaourt à ma table. Trois minutes plus tard t'as deux blackos qui se ramènent et là je sais que je suis dans la merde, je sais même pas s'il y a une constitution ou des droits de l'homme dans ce pays qui vit 60 ans dans le passé, dans ma tête je suis déjà mort alors je leur lance mon yaourt dessus pour les aveugler, je pousse ma chaise en arrière et je fais une roulade sous la table voisine, puis je me casse en courant. Là je me retrouvais dehors, en caleçon au milieu de Moscou un mois de février, comme j'ai du partir dans la précipitation j'ai oublié mon fric et je me voyais mal toquer à la porte et dire "excusez-moi mais j'ai oublié 20000 en cash dans ma chambre, j'en ai pour deux minutes !". J'étais baisé.JE
J'ai marché pendant quelques dizaines de minutes dans le froid, il fallait que je trouve des fringues sinon j'étais fini, tout le monde me regardait bizarre dans la rue mais je sentais bien que les meufs voulaient mon corps, bref j'ai trouvé un clodo dans une ruelle alors je l'ai crevé pour voler ses fringues. C'était de la merde et ça sentait la poliakov sur trois mètres de rayon mais j'avais chaud, de toute façon j'avais piqué des fringues classes à un autre mec plus tard.
Bon j'étais habillé mais j'avais toujours pas de fric, et comme dans ma tête Russie = mafia je me suis demandé si je pouvais pas leur demander un peu d'aide pour récupérer mon fric parce que 20000 balles c'est quand même pas des foutaises, alors je me suis ramené dans une pizzeria et j'ai demandé au cuistot s'il pouvait pas me descendre deux blacks dans l'aprèm' pour toucher un taux sur 20000 en liquide, sauf que j'étais pas en Italie et le mec s'appelait pas Salvatore, il avait rien d'un mafieux et il m'a menacé d'appeler les flics. Qu'est-ce qu'ils vendent les russes ? Des fruits secs et des gâteaux au miel, bingo je suis tombé devant une épicerie qui s'appelait "snega mezhdu moimi sisʹkami", je suis entré et j'ai parlé à une grosse femme et je lui ai dit grosso-modo la première chose qu'au pizzaman, elle a fermé sa gueule et elle est partie dans l'arrière salle, juste après un mec avec une moustache de pêcheur est sorti et je lui ai raconté mon histoire, il m'a dit que c'était OK mais qu'il voulait 75% sur les 20000 je lui ai dit "no, 15 you filthy bastard !" et là deux autres mecs sont sortis alors j'ai dit "OK" et je leur ai demandé quand est-ce que ça se ferait le temps que je me prépare, il m'a dit que j'étais pas une gonzesse et que j'avais pas à me préparer, et on est partis de suite.
On arrive devant l'hôtel, je demande comment ça va se passer, s'il a un plan, et là il me fait : "Yes I do. The plan is that there is no plan.", les deux mecs de tout à l'heure sortent, il sort, alors je sors aussi, là ils ouvrent le coffre et ils prennent deux mitraillettes chacun alors j'étais un peu en mode poker face, je les regarde bizarre et je leur fait "ouais enfin pas de conneries hein les mecs", mais ils s'en foutent puisque de toute façon ils parlent pas français et ils entrent dans le truc sans se poser de question, je m'attendais à ce qu'ils leur demandent de se foutre à terre mais apparemment c'était trop de formalités alors le premier mec tire dans la tête de la guichetière et le second se ramène, il écarte les bras et tire en rafale des deux côtés comme dans Hitman, les deux nègres se rameutent en courant et ils se font trouer l'estomac en rafales de 7,62×39, tout le monde est foutu et éventré par terre et les trois mecs se retournent genre normal et il me font, "so, where is it ?", alors je fais pas le malin et je les emmène vers ma chambre.
On y arrive mais la porte est fermée : c'est pas un problème on a six armes lourdes à la main. Bref on entre et là : plus de carton ! Je dis "meeeeerde ! les cons !!" et je leur explique que le carton doit être dans le bureau du dirlo mais que je sais pas où c'est, alors le mec dit qu'on va se séparer pour le trouver et qu'un des gros bras va surveiller l'entrée à la fois pour pas que les flics nous gaulent et pour pas que je tente de me casser comme un petit malin. Course dans les couloirs, et finalement je trouve le bureau : le carton est là ! Gros cri de joie, je tenais enfin mon pactole, mais j'aurais pas du gueuler parce que du coup le chef de la bande s'est ramené avec ses deux AK et il me fait : "Did you find it ?", alors je lève lentement, je me retourne et je lui dis "eeeeeh, no !", sauf que j'avais le carton sous le bras gauche, et là le mec commence à rire et à pointer son fusil-mitrailleur vers moi, je sais que je suis baisé, c'est lui ou moi alors j'attends pas qu'il me fasse un épilogue en rimes croisées et je le descend vite fait. Je sais qu'un des deux cons qui le suivent va se ramener, alors je pense d'abord à bloquer la porte avec le bureau mais je me suis dit que contre des balles gros calibre c'était pas forcément utile de fermer la porte. J'étais niqué. J'entends le lourdeau arriver en courant et là je regarde par la fenêtre : y'avait un putain de camion rempli de fumier. Vous vous doutez clairement ce que j'ai fait, j'avais pas le choix et j'ai sauté.
Le camion m'a ramené dans une ferme à Tcheliabinsk, et j'ai trouvé que la situation s'y prêtait pas mal alors j'ai raconté au fermier que j'étais arrivé avec les météorites et que je m'appelais Clark, de toute façon il est fermier donc c'est pas toujours des lumières ces mecs là et il a eu l'air de gober mon truc.
Ils ont accepté de m'héberger gratos pour la nuit, je leur ai pas montré mon carton de fric parce qu'on tombe pas de la Lune avec 20000€, ils m'ont prêté un petit PC portable pour que je puisse tenir mes amis au courant (pourtant il est con, y'a pas de réseau dans l'espace, je suis pas censé avoir de potes mais ça a pas l'air de le gêner), du coup il m'a filé des fringues et j'ai pu me laver, j'ai récupéré mon blé et je dors au chaud dans une grange, j'aurai à manger demain matin, yeah je sens que la vie est repartie les mecs, par contre je suppose que j'ai la mafia russe au cul parce qu'on leur vole pas 20000 balles en tuant un de leurs mecs sans se faire emmerder.
SUFFOQUE